Bricolage

Quand planter une bouture de rosier en pleine terre pour qu’elle reprenne ?

Main plantant une bouture verte dans la terre brune

Réussir une bouture de rosier tient en grande partie au calendrier. Planter trop tôt ou trop tard, et la tige se dessèche ou pourrit avant d’avoir formé la moindre racine. Voici les dates à retenir, puis les gestes qui font la différence.

Quand planter une bouture de rosier en pleine terre ?

La réponse dépend du type de bouture. Une bouture de bois dur (tige bien mûre, sans feuilles) se plante directement en pleine terre d’octobre à novembre, parfois jusqu’à la fin de l’hiver si le sol n’est pas gelé. Elle s’enracine lentement pendant la mauvaise saison, puis redémarre au printemps. Une bouture déjà enracinée en pot, elle, rejoint le jardin entre mars et avril, quand les fortes gelées sont passées. En région froide, mieux vaut attendre avril ou mai.

Les boutures de bois semi-aoûté se prélèvent de juin à la fin d’été. Elles démarrent presque toujours en pot ou sous mini-serre, car elles sont plus fragiles. On les transplante en pleine terre seulement lorsque les racines sont bien formées, généralement au printemps suivant.

Type de bouture Prélèvement Mise en pleine terre
Bois dur Octobre à fin d’hiver Directement, d’octobre à novembre
Bois semi-aoûté Juin à fin d’été Au printemps suivant, après enracinement en pot
Bouture enracinée en pot Déjà faite Mars à avril (avril-mai en climat froid)

Le climat joue aussi. Dans le Sud et sur la façade atlantique, où les hivers sont doux, l’automne est la période la plus sûre. Dans l’Est, en montagne ou dans le Nord, une plantation de fin d’hiver ou de printemps limite le risque de gel sur une bouture non enracinée.

Prélever la bouture au bon moment et dans les bonnes conditions

Choisissez une tige saine de l’année, de la grosseur d’un crayon, sur un rosier vigoureux qui vient de fleurir. Évitez les tiges molles, tachées ou très fines. Le choix du rosier compte autant que la tige : un rosier ancien ou un rosier grimpant reprend en général très bien, alors qu’un rosier greffé se bouture difficilement. Le porte-greffe repousse en effet à la place de la variété voulue, et un rosier franc de pied donne de meilleurs résultats.

Coupez un tronçon de 15 à 20 cm, avec une coupe nette juste sous un nœud pour la base, et une coupe légèrement inclinée au-dessus d’un autre nœud pour le sommet. Utilisez un sécateur propre et bien affûté, afin de ne pas écraser les tissus, et reportez-vous à outils pour chaque tâche du jardin si vous hésitez sur le reste du matériel. Retirez ensuite les feuilles du bas, en gardant une ou deux feuilles en haut pour les boutures semi-aoûtées. Plantez le jour même, ou conservez la tige quelques heures dans l’eau.

Préparer le sol et planter la bouture en pleine terre

Mains gantees tenant une jeune pousse verte au jardin

La bouture déteste l’eau stagnante. Il lui faut un sol drainant, léger, à l’abri du vent et des soleils brûlants de l’après-midi. Dans une terre lourde, travaillez la tranchée à la bêche et mélangez du sable grossier au fond pour alléger le tout. Une terre meuble et fraîche suffit ensuite, sans engrais, qui pourrait brûler la base de la tige.

  1. Creusez une tranchée ou un trou de 15 à 20 cm de profondeur, et ajoutez une poignée de sable au fond.
  2. Trempez la base de la bouture dans de la poudre d’enracinement. Cette hormone d’enracinement est recommandée, mais pas obligatoire : le rosier se bouture aussi sans.
  3. Enfoncez la tige en laissant dépasser un à deux nœuds hors du sol, soit un tiers environ, pour une plantation de 10 à 15 cm de profondeur.
  4. Tassez la terre autour de la tige pour éviter les poches d’air.
  5. Arrosez copieusement pour plaquer la terre contre la base.

Espacez les boutures d’une vingtaine de centimètres. Plusieurs plantées ensemble augmentent les chances de réussite, car toutes ne s’enracineront pas.

Assurer la reprise et éviter les erreurs courantes

Pendant les premiers mois, l’objectif est de maintenir une humidité constante sans noyer la tige. Un arrosage régulier, plus rapproché par temps sec et au printemps, suffit. Un paillage de feuilles mortes, de paille ou de broyat conserve la fraîcheur du sol et limite les écarts de température. Pour les boutures plantées à l’automne, pensez à une protection hivernale légère (voile d’hivernage ou butte de terre) en cas de gel marqué.

Soyez patient. L’enracinement est lent : comptez plusieurs mois avant de voir de petites pousses, et souvent un an avant un développement solide. L’apparition de feuilles ne prouve pas toujours que les racines sont là, alors évitez de tirer sur la tige pour vérifier. Si les premières fleurs apparaissent, supprimez les boutons pour que la plante concentre son énergie sur ses racines.

L’erreur qui fait pourrir la bouture : trop d’eau, pas assez de drainage

Dans un sol argileux qui reste détrempé, la base de la tige noircit avant d’avoir produit des racines. Mieux vaut un sol qui sèche en surface entre deux arrosages qu’une terre toujours gorgée d’eau.

Les autres échecs viennent le plus souvent d’une tige trop tendre ou trop courte, d’un emplacement venteux ou d’un arrosage oublié en été. Au printemps suivant, si la bouture a bien poussé, vous pourrez la laisser en place ou la déplacer avec sa motte vers son emplacement définitif. Un rosier buisson ou un grimpant bouturé de cette façon fleurit généralement dès la deuxième ou la troisième année.

Partager cet article
Article publié par la rédaction de Lechti Bricoleur.

A lire aussi

1 Commentaire

  1. Quand et comment faire des boutures de rosiers sans en racheter – Lechti Bricoleur

    […] ajoutez du sable au fond et plantez la bouture en suivant les mêmes règles (notre article sur la bouture de rosier en pleine terre précise aussi le bon […]

Laisser un commentaire —

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *